LA LETTRE

Lettre à Bashung.

Printemps 1979. Paris 11ème. Sur la vitrine de mon disquaire, rue Faidherbe, ton affiche m’accroche, m’interpelle. Ta dégaine de rocker désinvolte avec ce, je ne sais quoi, de mystère. Mon « Vernon Subutex » à moi me conseille ardemment l’album. « Roulette russe ».

 

J’achète. J’écoute… Putain !!! mais ce mec c’est moi !… Commence alors une longue histoire d’amour de trente piges, jusqu’à ce maudit 23 avril 2009 où je comprends que, ce qui va changer ma vie, c’est de ne plus attendre ton prochain album.

 

En 79, j’attends le prochain. « Pizza ». Vertige, Gaby et j’en passe… Un carton. Commercial, disent-ils aujourd’hui… Mon cul !!! Fort original et superbe dans la mouvance de ce début des années 80. Et puis… Gainsbourg, Jacquemin, Bergman etc… Autant de collaborations finement choisies. Des échecs commerciaux !… certes, mais au cours de toute cette décennie avec des perles devenues « cultes » chaque galette sera un joyau pour la grosse poignée d’irréductibles que nous sommes. Nous vieillissons ensemble. Jusqu’à cette claque à l’aube des années 90 « Osez Joséphine ». Rien à jeter comme d’hab mais la maturité en plus. La nôtre aussi. Jean Fauque. Nouvelle aventure. Dès lors, tu nous emportes vers les « Grands espaces » vers l’apothéose. Ton imprudence, ta fantaisie militaire. Indéfectibles et indétrônables albums dans ce jardin de nulle part. Epoustouflante transition entre deux siècles. Là, sur scène, tu nous apparais plus que jamais majestueux, mais toujours empreint d’une sincère humilité.

 

Nous serons alors les princes de chaque mot, chaque note nous entrainant vers ce « Bleu Pétrole » titre subrepticement emprunté à Gainsbourg. Un étincelant requiem.

 

Quelquefois je me questionne. Pourquoi m’avoir chanté toutes ces chansons ? Pourquoi les ai-je toutes écoutées ?… Sans- doutes avions nous la même histoire…

 

Salut Alain, rendez- vous est pris. Au prochain « Sommes-nous Bashung. »

 

 

Luc Rongier